Bible du Chemin Testament Kardecien ©

Revue spirite — Année V — Mars 1862

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ENSEIGNEMENTS ET DISSERTATIONS SPIRITES


INSTRUCTION MORALE

(Paris  †  ; groupe Faucheraud. — Médium, M. Planche.)

Je viens à vous, pauvres égarés sur une terre glissante dont la pente rapide n’attend plus que quelques pas encore pour vous précipiter dans l’abîme. En bon père de famille, je viens vous tendre une main charitable pour vous sauver du danger. Mon plus grand désir est de vous ramener sous le toit paternel et divin, afin de vous faire goûter par l’amour de Dieu et du travail, par la foi et la charité chrétienne, la paix, les plaisirs et les douceurs du foyer domestique. Comme vous, mes chers enfants, j’ai connu les joies et les souffrances, et je sais tout ce qu’il y a de doutes dans vos esprits et de combats dans vos cœurs. C’est pour vous prémunir contre vos défauts, et vous montrer les écueils contre lesquels vous pourriez vous briser, que je serai juste, mais sévère.

Du haut des sphères célestes que je parcours, mon œil plonge avec bonheur dans vos réunions, et c’est avec un vif intérêt que je suis vos saintes instructions. Mais, en même temps que mon âme se réjouit d’un côté, de l’autre elle éprouve une peine bien amère, lorsqu’elle pénètre vos cœurs et qu’elle y voit encore tant d’attachement aux choses terrestres. Pour la plupart, le sanctuaire de nos leçons vous tient lieu de salle de spectacle, et vous espérez toujours y voir surgir de notre part quelques faits merveilleux. Nous ne sommes point chargés de vous faire des miracles, mais nous avons mission de labourer vos cœurs, d’y creuser de larges sillons pour y jeter à pleines mains la semence divine. Nous nous employons sans cesse à la rendre féconde ; car nous savons que ses racines doivent traverser la terre d’un pôle à l’autre et en couvrir toute la surface. Les fruits qui en sortiront seront si beaux, si suaves et si grands qu’ils monteront jusqu’aux cieux.

Heureux celui qui aura su les cueillir pour s’en rassasier ; car les Esprits bienheureux viendront à sa rencontre, ceindront sa tête de l’auréole des élus, lui feront gravir les degrés du trône majestueux de l’Éternel, et lui diront de prendre part au bonheur incomparable, aux jouissances et aux délices sans fin des phalanges célestes.

Malheur à celui auquel il aura été donné de voir la lumière et d’entendre la parole de Dieu, qui se sera fermé les yeux et bouché les oreilles ; car l’Esprit des ténèbres l’enveloppera de ses ailes lugubres et le transportera dans son noir empire pour lui faire expier pendant des siècles, par des tourments sans nombre, sa désobéissance au Seigneur. C’est le moment d’appliquer la sentence de mort du prophète Osée : Cœdam eos secundum auditionem cœtus eorum  (Os) (je les ferai mourir selon qu’ils auront ouï). Que ces quelques paroles ne soient point une fumée s’envolant dans les airs ; mais qu’elles captivent votre attention pour que vous les méditiez et que vous y réfléchissiez sérieusement. Hâtez-vous de profiter des quelques instants qui vous restent pour les consacrer à Dieu ; un jour nous viendrons vous demander quel compte vous aurez tenu de nos enseignements, et comment vous aurez mis en pratique la doctrine sacrée du Spiritisme.

A vous donc, Spirites de Paris, qui pouvez beaucoup par vos positions personnelles et par vos influences morales, à vous, dis-je, la gloire et l’honneur de donner l’exemple sublime des vertus chrétiennes. N’attendez pas que le malheur vienne frapper à votre porte. Allez au-devant de vos frères souffrants, donnez au pauvre l’obole de la journée, séchez les larmes de la veuve et de l’orphelin par de douces et consolantes paroles. Relevez le courage abattu de ce vieillard courbé sous le poids des années et sous le joug de ses iniquités en faisant luire à son âme les ailes dorées de l’espérance dans une vie future et meilleure. Prodiguez partout, sur votre passage, l’amour et la consolation ; élevant ainsi vos bonnes œuvres à la hauteur de vos pensées, vous mériterez dignement le titre glorieux et brillant que vous décernent mentalement les Spirites de province et de l’étranger dont les yeux sont fixés sur vous, et qui, frappés d’admiration à la vue des flots de lumière s’échappant de vos assemblées, vous appelleront le soleil de France.

Lacordaire



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